Special Design Projects
Dans la nouvelle aile du Design Museum Gent, les Special Design Projects regroupent une série d'interventions qui matérialisent le concept de durabilité, non pas sous forme théorique, mais en l'intégrant dans le bâtiment même — à travers les matériaux, les procédés et les choix de conception.
En suivant le fil rouge From earth to sky choisi par la curatrice Siegrid Demyttenaere, les projets jalonnent un parcours ascendant du niveau -1 au niveau +4 : entre le sol (digging) et le ciel (flying). Ils partent de l'origine des matériaux et évoluent vers de nouvelles applications tournées vers l'avenir.
Des créateurs et créatrices belges travaillent avec des matériaux recyclés, réutilisés et biosourcés, des flux de déchets industriels et des objets mis au rebut. Ils optent aussi pour des matériaux durables qui gagnent en caractère à mesure qu'on les utilise. Toujours visibles, les traces des utilisations précédentes révèlent la façon dont les matériaux se déplacent, évoluent et sont récupérés.
Ces projets démontrent ainsi qu'il existe d'autres modes de fabrication et d'utilisation — pour aujourd'hui comme pour demain.

- SeaWood Materials
- Ignorance Is Bliss carrelage en céramique
- Recycled Plastic Panels
- Silicastone Glazed
- Royal Mosa carreau mural
- RE-GLOW Tiles
- Nabasco 8012
- Carreau de ciment Gesualdo
- Wood Terrazzo Panels
- ExCinere
- Lockers
- Banc
- 925
- This is Copper
- Freeze Frame 82.2
- Freeze Frame 82.2 Alexandre Humbert
- CREDITS
- Pyramids
- EARTH pillar
- Folded Oak
- Bois de fraîcheur
- Table transformable
- BOTANICAL PLANTER 01
- Gent Waste Brick
- Partition
- ZitDING
- Atelier
- Free Fall
- After you left, they took it apart
- Marble Bench
- Neon
- Colombo
SeaWood Materials
Des algues pour matières premières
Ces panneaux composites sont réalisés à partir de flux de déchets issus de la culture des algues marines. La matière pousse dans la mer, séquestre du CO₂ et ne nécessite aucun liant toxique. Loin des matériaux de construction classiques, ces panneaux trouvent ici parfaitement leur place dans un intérieur.
Le projet prouve que la biomasse marine peut s'imposer comme une alternative renouvelable à part entière aux matériaux traditionnels.
| Blueblocks |
Ignorance Is Bliss carrelage en céramique
Des couleurs issues de déchets
Les couleurs de ces carrelages proviennent de résidus métalliques prélevés lors de l'épuration de l'eau. Des flux de déchets existants sont donc mis à profit au lieu de recourir à de nouveaux pigments. Chaque carreau porte ainsi les traces d'une vie antérieure. Le projet démontre que les résidus industriels peuvent revêtir une nouvelle esthétique insoupçonnée.
| Agne Kucerenkaite for Ignorance is Bliss |
Recycled Plastic Panels
Quand le plastique prend forme
Des déchets plastiques issus d'ordures ménagères sont broyés, fondus, puis pressés pour former de nouveaux panneaux. Les motifs et les coloris dépendent du mélange de matières utilisé. Au lieu d'être cachés, les déchets sont ici visibles. Ils donnent naissance à un matériau utilisable et reconnaissable qui servira à une utilisation quotidienne.
| Bel Albatros |
Silicastone Glazed
Matière première industrielle
Silicatestone est né à partir de flux de déchets provenant de la production de verre et de céramique. Les résidus des procédés industriels sont amalgamés en une matière solide et compacte. La texture et les variations de couleur révèlent cette origine. Le projet démontre qu'il est possible de réemployer des déchets d'usine en architecture et en décoration intérieure.
| Alusid |
Royal Mosa carreau mural
Des invendus porteurs d'un passé
Ces carreaux muraux signés Royal Mosa sont issus de stocks invendus: ces excédents de production n'ont jamais été utilisés. Encore emballés dans leur conditionnement d'origine, ils présentent parfois de légères imperfections comme des éclats ou des variations de couleur. La réutilisation de ces invendus permet de donner une deuxième vie à des matériaux qui sans cela auraient été perdus. Le projet montre que les surplus de stock peuvent aussi s'inscrire dans le cadre d'une démarche circulaire.
| Rotor DC |
RE-GLOW Tiles
Nouvelle couleur pour céramique ancienne
Studio Rens retravaille des carrelages en céramique existants en y superposant à la main des couches de vernis. Ce spécialiste de la couleur donne ainsi un nouveau caractère à des carreaux mis au rebut. Un produit autrefois banal redevient ainsi tendance. Le projet montre que la réutilisation peut aussi passer par une transformation esthétique.
| Studio Rens x Cor Unum |
Nabasco 8012
Composite bio à base de lin
Ce matériau léger mais solide associe des fibres de lin et de la résine biosourcée. Il est adapté à une utilisation intensive dans les espaces publics.
Le projet prouve que les fibres naturelles peuvent aussi constituer une alternative aux matériaux fossiles du secteur de la construction.
| Nabasco |
Carreau de ciment Gesualdo
Carrelages récupérés
Ces carrelages en céramique ont été récupérés dans le bâtiment Borgerstein (1933-1935) et réutilisés avec leurs coloris et leurs motifs d'origine.
Ils arborent ainsi une partie de leur histoire. Le projet montre que des matériaux issus de projets de démolition peuvent être réutilisés sans pour autant perdre leur caractère.
| Rotor DC |
Wood Terrazzo Panels
Déchets de bois dans un terrazzo
Pour ces panneaux, Lieven Goetinck a créé une matière de type terrazzo à partir de copeaux de bois issus de ses flux de déchets personnels, et notamment d'anciens chevrons de charpente.
L'association de l'artisanat et de matériaux résiduels permet de créer une surface à l'aspect stratifié chaleureux. Le projet montre que des déchets peuvent être intégrés de manière visible dans une nouvelle création.
| Lieven Goetinck |
ExCinere
Des cendres pour matières premières
Ces carrelages, conçus par Formafantasma, sont réalisés à partir de cendres volcaniques de la région de l'Etna. Créé à l'aide de procédés naturels, le matériau est réutilisé dans un nouveau contexte.
Reliant géologie et design, le projet montre que des matières premières produites dans des circonstances extrêmes peuvent être utilisées de manière durable.
| Formafantasma & Dzek |
Lockers
Pour les casiers situés au sous-sol, ONBETAALBAAR utilise une palette de matériaux qui s'inscrivent dans le concept from earth to sky. Une série de teintes terreuses chaudes traverse l'espace en un subtil dégradé.
Les casiers mêlent différents matériaux : liège fumé, placage recyclé, papier pressé, drêches de brasserie recyclées, hêtre et inox recyclé. Malgré son origine et sa texture propres, chaque matériau participe ici à la création d'un ensemble cohérent.
La variation des nuances et des surfaces rythme l'espace et lui donne de la profondeur. En plus d'être fonctionnels, les casiers permettent aussi de démontrer que les matériaux — anciens ou neufs — prennent ensemble un nouveau sens.
ONBETAALBAAR est un studio de design et de fabrication gantois. Le collectif crée des intérieurs et des objets sur mesure avec des matériaux réutilisés et circulaires. Se basant sur des recherches et des expérimentations, il relie création, matière et utilisation en accordant une attention particulière à l'esthétique, à la durabilité et au cycle de vie complet de chaque projet.
| ONBETAALBAAR |
Banc
Pour le sous-sol, Rikkert Paauw a conçu un banc à partir de pièces de la collection du musée mises au rebut. Ces éléments, qui auraient dû disparaître, sont ici assemblés pour former une nouvelle composition fonctionnelle.
En ne dissimulant pas les pièces existantes, mais en les mettant au contraire en valeur, le banc souligne la qualité du savoir-faire d'origine. Des détails qui avaient autrefois exigé énormément de temps et d'attention prennent un nouveau sens au sein du nouvel ensemble.
Le banc reflète aussi la méthode de travail de Paauw qui recueille, sélectionne avec soin et assemble ce qui est déjà là. Le designer donne naissance à un objet créé à base de récup, mais cet objet révèle aussi la quantité de travail, les matériaux et le passé renfermés dans les choses qui existent déjà.
Rikkert Paauw (1982, Soest) est un designer et créateur néerlandais autodidacte, actif à Bruxelles et à Senarpont (FR). Depuis 2006, il travaille avec des matériaux usagés et locaux. Reposant sur la récupération, l'improvisation et le souci du contexte, sa pratique produit des objets et des espaces qui visibilisent la matière, le lieu et le travail antérieur.
| Rikkert Paauw |
925
Pour le sous-sol, le Studio ThusThat a réalisé un mur miroir, résultat des recherches 925 autour de l'argent et de la définition de la valeur. Le miroir en argent recyclé est fabriqué à partir d'objets mis au rebut, tels que bijoux, couverts et pièces de monnaie.
La fusion fait disparaître toute trace de leur origine, ne laissant plus que la matière même, libérée de ses significations précédentes. Le miroir met en évidence la transformation : les différents objets d'autrefois ne sont plus désormais qu'une seule surface neuve.
Le reflet joue ici un double rôle. Le mur affiche l'image du visiteur, mais il interroge aussi sur la manière dont la valeur se crée et évolue. L'œuvre rend perceptible la circulation constante des matières — et, partant, l'évolution de leur signification.
Installé à Amsterdam, le Studio ThusThat est un duo de concepteurs composé de Kevin Rouff et de Paco Böckelmann. Leur pratique évolue au croisement du design, de l'art et de la science, en mettant l'accent sur la recherche sur les matériaux et les processus industriels. Ils collaborent sur la scène internationale avec des institutions universitaires et des partenaires industriels autour de nouvelles chaînes de matériaux et applications.
| Studio ThusThat |
This is Copper
Pour la sculpture centrale, le Studio ThusThat a travaillé avec des scories de cuivre, un sous-produit de la production et du recyclage de cuivre, originaire de Belgique, qui a l'aspect de la pierre. Dans leur projet This is Copper, le collectif étudie, en collaboration avec la KU Leuven, la manière dont les flux de déchets industriels peuvent servir de matières premières pour de nouvelles applications.
Associant les scories de cuivre et le cuivre, la sculpture met en évidence le parcours complet du matériau : de la matière première au résidu. Au DING, ces recherches se matérialisent dans l'espace et à travers les sens.
En transposant ces matières sous forme de sculpture, l'attention se déplace. L'usage laisse place à l'expérience. L'œuvre invite aussi à réfléchir à l'origine des matériaux et aux traces laissées par les procédés industriels.
Des éléments qui, généralement, restent dans l'ombre prennent ici une nouvelle forme et un nouveau sens.
Installé à Amsterdam, le Studio ThusThat est un duo de concepteurs composé de Kevin Rouff et de Paco Böckelmann. Leur pratique évolue au croisement du design, de l'art et de la science, en mettant l'accent sur la recherche sur les matériaux et les processus industriels. Ils collaborent sur la scène internationale avec des institutions universitaires et des partenaires industriels autour de nouvelles chaînes de matériaux et applications.
| Studio ThusThat |
Freeze Frame 82.2
Pour la nouvelle aile du musée, le collectif Unfold a créé l’œuvre monumentale Freeze Frame 82.2 : un rideau d’aluminium imprimé en 3D, qui semble en mouvement mais reste figé à un instant précis, l’image 82.2, le moment chargé qui précède immédiatement l’ouverture. Au seuil du musée, il forme une frontière douce, presque perméable, qui fait en même temps office de portail d’entrée : révélant le jour, dissimulant la nuit. Freeze Frame 82.2 donne ainsi une image de notre époque, une période en mouvement et en transition, où le design est invité à poser des questions et à orienter ce qui vient.
ARTIST STATEMENT
Nous sommes au seuil d’une nouvelle ère, où les manières familières de vivre, de travailler et de produire cèdent la place à des alternatives plus durables et plus justes, inspirées par une perspective plus qu’humaine.
La nouvelle aile du Design Museum Gent n’a pas été conçue comme un lieu offrant « plus de musée », mais comme un lieu « plus que musée » : un espace de débats, de conférences, d’ateliers et de petites expositions qui explorent un monde en transition. Non pas une archive de solutions de design historiques, mais un lieu où le design se fait en direct : une plateforme qui accompagne notre recherche des bonnes questions et la formulation de réponses imaginatives aux besoins les plus urgents de notre temps.
Comment aborder la commande d’une œuvre d’art placée précisément au seuil de cette aile et servant d’accès principal au musée rénové ? Comment cette intervention peut-elle incarner une période de transition dynamique, où le design est appelé à continuer de questionner et à contribuer à façonner ce qui reste à venir ? Dans son essai « Betwixt and Between: The Liminal Period in Rites of Passage » (1967), l’ethnographe Victor Turner a étudié la structure des rites de passage, ces processus rituels par lesquels des individus ou des communautés passent d’un état défini à un autre. La phase liminaire y occupe une place centrale, un concept qui prolonge les travaux du folkloriste Arnold van Gennep et qui vient du mot latin limen, « seuil ». C’est l’intervalle où les anciennes positions ont été abandonnées, mais où les nouvelles ne sont pas encore adoptées : un espace « entre-deux », où l’ordre habituel se relâche momentanément et où plusieurs avenirs possibles coexistent brièvement. Turner décrit cette liminalité comme une suspension des certitudes qui rend la transformation possible, et y voit le potentiel de la communitas : une ouverture collective éphémère qui naît lorsque des personnes demeurent ensemble sur ce seuil.
Cette notion de liminalité entre fortement en résonance avec la transition que nous traversons aujourd’hui. Nous sommes au seuil d’une époque nouvelle, in limine, ni ici ni là, entre les deux, plus ancrés dans ce qui fut, pas encore saisis par ce qui sera. Plus que toute autre forme d’art, le théâtre explore peut-être le mieux cet état d’ambiguïté. Le rideau de théâtre incarne cette condition : il cache ou dévoile, et fonctionne non comme une barrière, mais comme une membrane poreuse que traversent la lumière, les chuchotements et l’attente.
Freeze Frame 82.2 est né d’une simulation informatique. À l’aide d’un moteur physique, une étoffe numérique a été mise en mouvement et différents comportements d’un rideau ont été simulés dans un maillage de polygones. Un moment précis de cette animation a retenu notre attention ; rewind, play, freeze frame. Figé en plein mouvement, le rideau de l’image 82.2 adopte une pose : quelqu’un semble l’écarter un instant pour jeter un coup d’œil dans la salle, quelques instants avant que le rideau ne se lève. Dans une chorégraphie coordonnée, un bras robotisé équipé d’une torche de soudage a traduit ce moment, l’image 82.2, couche après couche, en une sculpture d’aluminium. La logique fugace de la simulation se matérialise ici en un portail monumental de plus de quatre mètres de haut et de large. Chaque cordon de soudure issu de la technique d’impression 3D Wire Arc de MX3D contient la dynamique du processus intense qui lui a donné forme. Dans ce geste suspendu, Freeze Frame 82.2 n’offre ni début ni fin, mais un moment qui reste libre et assume son ambiguïté. Il nous invite à demeurer dans cet entre-deux partagé et à envisager l’incertitude non comme une paralysie, mais comme une possibilité. Alors que la nouvelle aile ouvre ses portes, l’œuvre nous rappelle que l’avenir du design ne réside pas dans des réponses figées, mais dans notre volonté de marquer une pause, de regarder à nouveau et de franchir ensemble le seuil vers ce qui n’a pas encore été pleinement imaginé.
DÉTAILS TECHNIQUES
Matériau : impression 3D en aluminium sur structure porteuse en aluminium
Technique d’impression 3D : le Wire Arc Additive Manufacturing (WAAM) est une forme d’impression 3D métal où un fil métallique est fondu par un arc électrique de soudage et déposé couche après couche par un bras robotisé jusqu’à former une pièce. Le WAAM permet de fabriquer des pièces plus rapidement et avec beaucoup moins de pertes de matière que les techniques de production traditionnelles. Freeze Frame 82.2 a été imprimé en 12 parties distinctes, assemblées ensuite à la main.
Poids de l’impression 3D : 250 kg
Poids total du portail : 360 kg
Freeze Frame 82.2 Alexandre Humbert
Freeze Frame 82.2 - Teaser:
https://vimeo.com/1172924594?fl=pl&fe=cmCREDITS
Film : Studio Alexandre Humbert
Avec le soutien du Platform Kunst in Opdracht du Gouvernement flamand
Fondé par Claire Warnier et Dries Verbruggen, Unfold explore depuis 2002 la frontière entre technologie numérique et culture artisanale. Leur travail autonome crée des rencontres entre le virtuel et le matériel, autour de thèmes comme le savoir-faire, la reproduction, la paternité des œuvres, les communautés et l’avenir de la culture matérielle. De leur imprimante 3D céramique pionnière et de leur tour de potier numérique dans l’Artisan Électronique jusqu’à des récits cinématographiques sur des métiers et un patrimoine en voie de disparition comme Apagada et A Combmaker’s Tale, Unfold construit une recherche poétique mais critique sur le rôle des créateurs à l’ère numérique.
Le duo a exposé à l’international dans des musées et des biennales, dont le Centre Pompidou, le Vitra Design Museum, le New Museum de New York et la Cheongju International Craft Biennale à Taïwan. Son travail figure dans des collections de premier plan et a été récompensé notamment par l’Ultima Architecture & Design et par le titre de Designer de l’année.
| Concept et réalisation | Unfold |
| Commanditaire | Design Museum Gent & sogent |
| Curatrice Special Design Projects | Siegrid Demyttenaere |
| Architecture | Carmody Groarke, ATAMA et RE-ST Architectuur |
| Impression 3D métal robotisée et assemblage | MX3D Art Lab |
| Intégration fonctionnelle et installation | Wuyts |
| Conseil en production et recherche | Alton |
| Stabilité | Denkbar |
| Transport | Dick Frères |
Pyramids
Dans la boutique du musée, l'espace est délimité par des structures en aluminium. Bram Vanderbeke et Wendy Andreu s'appuient sur leur système pyramidal qu'ils traduisent ici en une série d'éléments sculpturaux qui rythment l'espace.
Les formes se répètent, se décalent, grandissent ou rétrécissent. Devenant des tables, des étagères, des vitrines et des socles, elles orientent le regard et organisent les mouvements. Ce qui semblait épuré et industriel à première vue se pare, à travers l'usage et grâce à la lumière, d'une présence plus douce, presque tactile.
L'ensemble de la construction est en aluminium, une matière légère, solide et réutilisable à l'infini. Les éléments sont découpés avec précision et traités à la main, ce qui confère une nuance particulière à chaque structure.
La boutique n'est plus seulement un lieu où l'on expose des objets : elle devient un environnement où structure, matière et mouvement se rejoignent pour former une expérience.
Les designers Bram Vanderbeke (BE) et Wendy Andreu (FR) collaborent régulièrement en explorant la thématique des matériaux et en réalisant des interventions spatiales. Basés à Gand et à Paris, ils créent des projets à la croisée du design, de l'architecture et de la sculpture. Leur travail repose sur l'expérimentation et se traduit par des objets qui créent des passerelles innovantes entre l'espace, l'usage et la matière.
| Bram Vanderbeke & Wendy Andreu |
EARTH pillar
Pour ce projet, Grondstudio travaille la terre qui devient à la fois matériau de construction et vecteur de sens. L'espace est occupé par un pilier massif en pisé, érigé avec de la terre locale mélangée à des fragments du bâtiment existant, créant ainsi un lien direct entre le passé et le présent.
Le pilier est le reflet du processus de création : de lourdes pierres s'amoncellent à mesure que l'on progresse vers le haut et matérialisent la structure. L'œuvre suit un rythme lent et précis qui contraste avec la rapidité des méthodes de construction actuelles.
Pour les travaux, des discussions ont été menées avec des professionnels issus de différents contextes qui ont partagé leurs expériences personnelles avec la terre, transformant ainsi le projet en lieu d'échange.
Le pilier démontre que construire en utilisant un matériau comme la terre n'est pas seulement un choix technique, c'est aussi une pratique culturelle et collective.
Grondstudio est le nom du bureau que Pieter Van Bruyssel a fondé en Belgique. Le concepteur travaille avec la terre crue et des matériaux naturels en s'inspirant de principes de l'architecture locale. Ses projets tissent des liens entre la matière, les lieux et les communautés et soulèvent des questions sur la manière dont les techniques de construction traditionnelles peuvent contribuer à la création de formes d'architecture contemporaines, durables et pertinentes.
| Grondstudio |
Folded Oak
Pour l'espace d'accueil, Casimir a conçu un guichet en chêne européen massif à partir des recherches qu'il a menées sur le langage visuel du mobilier. Fort de sa réflexion sur la déconstruction, il considère le meuble non pas comme un élément figé, mais comme un ensemble qui peut être sans cesse réinterprété, décomposé et recomposé.
La forme naît d'une surface qui semble pliée : une feuille 2D qui, à la façon d'un origami, est repliée et forme un objet en trois dimensions. La direction des nervures suit et souligne ce mouvement, créant différentes zones et hauteurs qui organisent le fonctionnement du lieu et l'accueil.
Le caractère léger du pliage contraste avec l'aspect massif de la matière. L'utilisation de chêne massif donne un meuble durable qui se patine de riches nuances avec l'usage.
Le guichet d'accueil devient un objet sophistiqué à la croisée de l'artisanat, de la matière et des arts visuels qui laisse une large marge d'interprétation.
Concepteur et créateur de meubles belge, Casimir dispose de plus de 30 années d'expérience dans le domaine. Axant sa conception sur la déconstruction, il travaille exclusivement avec du chêne européen massif. Dans son atelier, il crée des meubles à la jonction de l'artisanat, du langage visuel et de la matière, sans tenir compte des tendances et en accordant une attention particulière à la durabilité et au passage du temps.
| Casimir |
Bois de fraîcheur
Dans le centre historique de Gand, entre les murs du Design Museum Gent, une cour pavée à l'abandon a été transformée en un jardin intérieur intime. Les trois hautes façades créent un lieu ombragé qui recrée le contexte climatique de la lisière d'une forêt où les arbres en quête de lumière poussent proches les uns des autres.
Une couche de terre sablonneuse dans laquelle les arbres peuvent plonger leurs racines a été installée d'une façade jusqu'à l'autre. Un cercle y a été évidé afin que les arbres sélectionnés puissent pousser. Le revêtement stabilisé environnant étant perméable, l'eau de pluie peut s'infiltrer et rester disponible pour les plantes.
Les arbres, par évapotranspiration, libèrent de l'eau dans l'air, ce qui permet de rafraîchir les lieux à proximité. Le projet se présente donc comme une réponse aux enjeux climatiques des villes bétonnées : l'îlot de chaleur devient un bois de fraîcheur.
L'espace autour des plantations favorise le mouvement, le calme et l'appropriation. La cour stérile se transforme en un microclimat vivant où le végétal, l'animal et l'humain se rencontrent.
L'architecte paysager Bas Smets est le fondateur du Bureau Bas Smets. Son travail consiste à élaborer de nouvelles écologies urbaines qui génèrent des microclimats et rendent les villes plus résilientes. Associant conception, science et recherches dans des projets internationaux, il collabore avec des scientifiques et des artistes pour créer des paysages innovants en réponse au changement climatique et à la transformation urbaine.
| Bureau Bas Smets |
Table transformable
Pour le bar du musée, Rikkert Paauw a conçu une grande table qui peut être scindée en plus petites tables. L'œuvre se compose d'éléments de la collection du musée provenant de meubles mis au rebut, complétés par des matériaux issus du dépôt personnel du designer et, lorsque c'est nécessaire, de nouvelles pièces.
Les éléments assemblés forment une table centrale ; dispersés, ils fonctionnent comme des tables de brasserie autonomes. Les liaisons et les raccords restent apparents, de façon à garder visible la structure en mouvement.
La table révèle l'intérêt de Paauw pour la modularité et l'improvisation. L'œuvre prouve que l'on peut créer une nouvelle constellation avec ce qui existe déjà : loin d'être lisses et sans défauts, ces pièces sont vivantes, utilisables et pleines de caractère.
Rikkert Paauw (1982, Soest) est un designer et créateur néerlandais autodidacte, actif à Bruxelles et à Senarpont (FR). Depuis 2006, il travaille avec des matériaux usagés et locaux. Reposant sur la récupération, l'improvisation et le souci du contexte, sa pratique produit des objets et des espaces qui visibilisent la matière, le lieu et le travail antérieur.
| Rikkert Paauw |
BOTANICAL PLANTER 01
Inspiré par les textures et les motifs de la nature, BOTANICAL PLANTER 01 explore le dialogue entre matière organique et synthétique, ainsi qu’entre un organisme vivant et le musée qui crée un espace pour l’accueillir.
Le vase abrite une plante dont la croissance remet en question le rôle traditionnel du musée comme espace de conservation. Elle se développe autour et à l’intérieur du contenant, réagit aux conditions environnementales, évolue au fil des saisons et peut, à terme, dépérir. Elle nécessite également des soins, faisant de l’arrosage et de l’entretien une partie intégrante de la pièce. La céramique et la résine époxy, travaillées selon des procédés inspirés de l’érosion géologique et de l’oxydation, dépassent ainsi leur fonction utilitaire.
En introduisant dans le musée la temporalité, la dépendance et l’imprévisibilité, BOTANICAL PLANTER 01 ouvre un échange continu entre la plante, l’espace et celles et ceux qui en prennent soin. Cet objet contribue ainsi à un écosystème partagé, façonné à la fois par les êtres humains et non humains.
* Cette pièce a été commandée pour la nouvelle aile du Design Museum Gent dans le cadre du partenariat avec ATHENA! Clay Fair, un projet annuel porté par 019, Elke Vanlerberghe (LERRY ceramics) et Design Museum Gent.
| Guido Pupulin |
Gent Waste Brick
Gent Waste Brick est une brique de parement circulaire utilisée pour la nouvelle aile du Design Museum Gent. Elle est composée de chaux, de sable, de ciment blanc et de 63 % de matières premières issues de flux de déchets gantois, à savoir du béton concassé et du verre de construction broyé. Son empreinte carbone incorporée ne représente qu’un tiers de celle d’une brique classique. C’est une brique de parement blanche unique, à la texture particulière, issue d’une production « propre » qui se passe de four. Après des recherches approfondies, l’équipe de conception a opté pour des briques pressées plutôt que cuites, en raison de leur impact CO2 plus faible. Lors de la fabrication, les matières premières sont mélangées, puis les briques sont pressées, durcies et séchées.
La brique est le fruit d’une collaboration efficace entre de nombreux partenaires : les architectes ATAMA et Carmody Groarke, le maître d’ouvrage délégué sogent, l’équipe de recherche de Local Works Studio, BC materials comme producteur et le Design Museum Gent. Grâce à une subvention de Vlaanderen Circulair/OVAM et au soutien de la Ville de Gand via sogent, nous avons pu lancer une étude. La législation et les certifications nécessaires ont rendu ce parcours complexe. Cela montre que l’union fait la force et qu’une autorité publique peut réellement s’engager dans l’économie circulaire et miser sur l’innovation.
Produit par BC materials pour le Design Museum Gent et sogent
Dimensions : 23 x 11 x 5,5 cm
Matériau : béton concassé, verre de construction broyé, chaux, farine de calcaire, sable quartzeux de Lommel, ciment blanc
Production : printemps 2024 à Het Arsenaal, Gand
| BC Materials |
Partition
Partition — Chevalier Masson
Pour la salle de lecture, Chevalier Masson a conçu une intervention textile qui structure l'espace sans le figer. Partition se compose de tapis d'escalier issus de stocks existants, assemblés et cousus à la main de façon à créer une surface flexible à double face.
Ce rideau peut s'ouvrir ou se fermer pour s'adapter à différentes situations — lectures ou rencontres. La structure en laine dense et sa face arrière en jute et lin atténuent les sons et créent une présence tactile.
Les coloris chauds font référence à l'humanité et rendent l'espace doux et accueillant. Tout en suivant le fil directeur from earth to sky, l'accent est mis ici sur une expérience plus sensorielle et enveloppante, où le textile devient un langage immédiatement compréhensible par le corps.
L'installation délimite ainsi un lieu où il fait bon lire, écouter ou se rassembler.
Chevalier Masson est un duo bruxellois formé par Éric Chevalier et Anne Masson. Ces deux créateurs textiles s'intéressent depuis plus de vingt ans à la relation entre la matière, l'espace et l'usage. Leur travail s'inscrit dans des contextes intimes ou collectifs et transpose le textile en interventions spatiales qui relient le sensoriel et les expériences sociales.
| Chevalier Masson |
ZitDING
Housses conçues par Manoeuvre vzw et des étudiants de KASK, La Cambre et LUCA | School of Arts
Lot de chaises Catifa 46 de seconde main, sponsorisé par Liebaert Textiles.
| Lievore Althere Molina pour Arper, récupéré par Rotor DC |
Atelier
Tables et grille Open Structures
Pour l'Atelier, ONBETAALBAAR s'appuie sur le principe assemble to disassemble et sur les mesures réalisées par OpenStructures. Tout part d'une structure de base en bois sur laquelle sont montés des armoires et des éléments qui sont ensuite modifiés et recomposés.
Les armoires sont conçues comme des systèmes ouverts qui peuvent évoluer avec le fonctionnement du musée. Les structures supérieures et inférieures sont alternativement ouvertes et fermées tandis que les tiroirs tournants et les panneaux amovibles apportent de l'interaction et de la flexibilité.
L'armoire est à la fois objet et support. Réalisée en matériaux circulaires, elle sert d'échantillon, mais elle présente aussi d'autres matériaux qui peuvent être exposés, déplacés et utilisés. Il en résulte un lieu favorisant les découvertes, les comparaisons, les collaborations.
L'espace devient ainsi un atelier en mouvement — un lieu de travail où les matériaux, les fonctions et les installations peuvent sans cesse évoluer.
ONBETAALBAAR est un studio de design et de fabrication gantois. Le collectif crée des intérieurs et des objets sur mesure avec des matériaux réutilisés et circulaires. Se basant sur des recherches et des expérimentations, il relie création, matière et utilisation en accordant une attention particulière à l'esthétique, à la durabilité et au cycle de vie complet de chaque projet.
| ONBETAALBAAR |
Free Fall
| KRSJT Studio |
After you left, they took it apart
After you left, they took it apart met en dialogue céramique et métal, dans une réflexion façonnée par la transformation du musée. Le banc s’inspire du chantier de rénovation du musée, qui comprend à la fois la restauration des bâtiments existants et la construction de sa nouvelle aile. Il intègre des éléments récupérés lors de la démolition — béton concassé, briques, verre récupéré et cendres provenant d’anciens éléments en bois du bâtiment — transformant les déchets de construction en un nouveau langage matériel.
Ses textures, ses couleurs et ses formes s’inspirent des traces stratifiées révélées au cours des travaux, tandis que de subtiles qualités picturales font écho aux tapisseries anciennes conservées au musée. L’élément en métal suit les contours du mur en transformation, recueillant les traces et les marques accidentelles observées lors de la restauration de sa surface.
Incarnant les principes de circularité et de réemploi, le banc relie le renouveau du musée à l’histoire de son site, en reconstituant les vestiges du passé pour leur donner une nouvelle forme tournée vers l’avenir.
* Cette pièce a été commandée pour la nouvelle aile du Design Museum Gent dans le cadre du partenariat avec ATHENA! Clay Fair, un projet annuel porté par 019, Elke Vanlerberghe (LERRY ceramics) et Design Museum Gent.
| Chryssa Kotoula |
Marble Bench
| Muller Van Severen |
Neon
| Muller Van Severen |
Colombo
| Samyra Moumouh & Hans Demeulenaere |
Met dank aan

EFRO
Het Europees Fonds voor Regionale Ontwikkeling is een fonds van de Europese Unie. Het verkleint de economische verschillen tussen regio's. In Vlaanderen steunt het projecten voor duurzame groei, innovatie en een groene economie.

Vlaanderen
De Vlaamse Overheid maakte de realisatie van dit project mede mogelijk dankzij haar gewaardeerde steun en financiering. Deze gerichte Vlaamse impuls gaf ons de middelen om volop in te zetten op innovatie, duurzame groei en maatschappelijke meerwaarde. We danken Vlaanderen voor het uitgesproken vertrouwen in ons initiatief en de krachtige ondersteuning om deze visie succesvol in de praktijk te brengen.

Stad Gent
Met bijzondere dank aan Stad Gent voor de actieve steun en begeleiding bij dit project. Als vooruitstrevende en innovatieve stad bood Gent ons niet alleen een inspirerende thuisbasis, maar ook de nodige strategische en logistieke ruggengraat via het lokale EFRO-contactpunt. Dankzij de nauwe samenwerking met het Gentse stadsbestuur hebben we dit project succesvol kunnen verankeren in de lokale gemeenschap.
Met dank aan
